Transport fluvial d'œuvres d'art - Musées de Rouen
Le mot du comité écothèque
Réduire les impacts du transport des œuvres d'art est un enjeu important pour le secteur culturel. Cette action permet d'agir sur l'axe 4 de la roue de Brezet et Van Hemel "Optimisation de la logistique" en réduisant l'impact environnemental du transport des œuvres. L'expérimentation menée par le musée des Beaux-Arts de Rouen ouvre la voie au transport fluvial d'œuvres. N'hésitez pas à consulter les cartes des Voies navigables de France https://www.vnf.fr/vnf/services/votre-kit-cartographique-de-la-logistique-fluviale/ et imaginez votre projet par voies fluviales.
Publié par Sylvie Betard, Marc GOULPIE, Anna Le Palud, Jeanne Scribe le 12/11/2025, mis à jour le 09/12/2025
Écoresponsabilité
Cette expérimentation a bénéficié d'une chaîne logistique complète avec un transport multimodal combinant véhicules électriques et péniche. Sur ce trajet, le transport fluvial a permis de diviser par 1,3 les émissions de CO2, par rapport à un transport routier, selon le calculateur "EVE" des Voix Navigables de France.
Description
À l’occasion de l’exposition Maxime Old, Homme d’intérieurs, présentée au Musée des Beaux-Arts de Rouen du 28 juin 2025 au 5 janvier 2026, les musées de la Métropole Rouen Normandie ont expérimenté un mode de transport inédit : l’acheminement fluvial d’œuvres d’art. Deux pièces de mobilier de l’exposition ont ainsi été transportées par péniche depuis l’Île-de-France jusqu’à Rouen.
Cette expérimentation s'est déroulée sur 10 mois, de la phase de prospection au transport effectif. Le fils et ayant droit du designer Maxime Old, a accepté la démarche.
L'équipe muséale a fait le choix d'un transport multimodal : camion puis péniche puis camion. Un seul prestataire a été mobilisé pour tout l'acheminement : LP Art. Deux oeuvres ont été sélectionnées pour être transportées par voie fluviale entre Paris et Rouen : une table basse et une table à dessin, deux pièces des années 70, de dimensions importantes. Les assureurs de ces oeuvres n'ont imposé aucun surcoût. L'expérimentation a lieu en aller simple. FLUVIOFEEDER, membre de la compagnie MARFRET, marinier particulièrement positionné sur l'axe Paris-Le Havre a été chargé du transport fluvial. Il a fallu à l'équipe muséale comprendre les logiques de travail des mariniers, dont ils n'étaient pas familiers, pour ce faire l'autorité portuaire, HAROPA Port, a mis le musée en relation avec les acteurs du transport fluvial.
Une logique de hub a été privilégiée, c'est à dire une logique de prise en charge du container dans un endroit centralisé. Ainsi, les œuvres ont été sorties de chez l'ayant droit en tamponnage, chargées dans un camion électrique pour être déplacées jusqu'à un entrepôt. Là, elles ont été mises en caisse. Les caisses ont été empotées, c'est à dire chargées et calées à l'intérieur du conteneur fermé et plombé. Les conteneurs ont été chargés sur le bateau au Port de Gennevilliers - Paris Terminal, pour un trajet de 4 jours jusqu'au Port de Rouen - Terminal conteneurs et marchandises diverses. Les œuvres ont voyagé dans un container dédié, pour des questions de sécurité, mais le transport était mutualisé avec d'autres marchandises. Les infrastructures portuaires surveillées 24h/24 ont permises de garantir la sécurité des œuvres. Le suivi des conditions de conservation climatique par des capteurs de température, d'humidité et de vibration a fiabilisé le transport aux normes des Musées de France.
Enfin, les œuvres ont été transportées du port au musée, par un camion thermique critère 2.
Cette expérimentation a été rendue possible grâce au soutien de la Région Île-de-France et des Voies Navigables de France. Une aide au report modal, le PARM, a permis de financer l'expérimentation de transport par voie fluviale. Cette aide peut atteindre 100% des surcoûts engendrés en phase de test par le recours au transport fluvial par rapport aux trajets effectués habituellement par la route. Cette aide est plafonnée à 100 000 € pour dix voyages maximum sur une période de six mois maximum par projet.