Rosa Bonheur

Agence NC

Rosa Bonheur

Le mot du comité écothèque

Exposition Rosa Bonheur (1822-1899) présentée au Musée d'Orsay à Paris du 18 octobre 2022 au 15 janvier 2023

Publié par Flora Tanguy le 19/03/2024, mis à jour le 25/03/2024


Type de projet

Domaine artistique

Arts visuels

Régions

Île-de-France

Description du projet

90% des cimaises ont été conçues de manière à être réutilisables. Une standardisation des structures et des parements a été effectuée pour permettre un démontage et un stockage aisé. L'objectif de ces cimaises est d'atteindre un cycle de réemploi d'au moins trois ou quatre expositions. 

Le DOE (document d'ouvrages exécutés) a été réalisé par l’entreprise dans l’objectif de faciliter les utilisations futures.

Les vitrines et les verres du musée ont été réutilisés autant que possible. Les nouvelles vitrines ont été conçues de manière à pouvoir être réutilisées.

Photos

  • © Agence NC

  • © Agence NC

  • © Agence NC

  • © Agence NC

  • © Agence NC

  • © Agence NC

Acteur·rices du projet

Sont mis en avant les membres du Lab qui ont participé à la rédaction de cette fiche, mais l’équipe projet est plus vaste.

Éco-responsabilité du projet

0 Concevoir ensemble
1 Sélection des matériaux ayant le moins d’impact
2 Réduction de la quantité de matière
3 Optimisation des techniques de production
4 Optimisation de la logistique
5 Réduction de l’impact environnemental de la phase d’utilisation
6 Optimisation de la durée de vie du projet
7 Optimisation de la fin de vie du projet

© studio dazd – Augures Lab Scénogrrrraphie, d'après la roue de Brezet

0

Concevoir ensemble

1

Sélection des matériaux ayant le moins d’impact

2

Réduction de la quantité de matière

3

Optimisation des techniques de production

4

Optimisation de la logistique

5

Réduction de l’impact environnemental de la phase d’utilisation

6

Optimisation de la durée de vie du projet

7

Optimisation de la fin de vie du projet

Qu’est-ce qu’une démarche d’écoconception ?

L’écoconception répond à un cadre strictement défini par une norme et dont l’objectif est “d’obtenir un produit ou un service qui répond à un besoin fonctionnel et dont l’impact environnemental a été réduit de façon significative” (Pôle Écoconception). S’inscrire dans une démarche d’écoconception est une manière de tendre vers cet objectif dans un cadre autonome, plus adaptable et accessible. Tous les projets référencés ne sont pas considérés comme “écoconçus” au sens de la norme, mais comme “inspirants” au sens de l’intérêt de la démarche pour réduire ses impacts à différentes étapes du cycle de vie.

Pourquoi la roue de l’écoconception ?

La roue de Brezet est un outil stratégique couramment utilisé pour construire et analyser une démarche d’écoconception : il s’agit de donner un cadre de pensée autour des impacts en amont, pendant l’usage et en aval d’un projet. Plus précisément : le cercle intérieur définit le cycle de vie du projet ; le cercle extérieur définit les stratégies d’écoconception à chacune de ces étapes du cycle de vie. Pour un axe stratégique, plusieurs actions peuvent être mises en place. Les projets référencés vous en présentent quelques-unes, pour inspiration et partage d’expérience.


Vous trouverez ci-dessous l’évaluation de ce projet selon l’approche Brezet, regroupant les différents critères pris en compte et leur explication pour chaque axe de l’approche.

0. Concevoir ensemble

Mobilisation des métiers

Scénographe, chargé d'exposition, directrice du service des expositions, directeur du musée, commissaire, agenceur.

Sensibilisation des équipes

La scénographe a proposé au musée des solutions écoresponsables pour réduire l’impact de cette exposition temporaire et des futures du musée. Le critère environnemental pour le choix de l’entreprise de fabrication a été pris en compte.

Low tech

Les manips de l'exposition à destination des enfants ont été conçues dans une démarche low tech.

Temps adapté à l'écoconception

Un temps supplémentaire a été pris par la scénographe pour la recherche et la prise de mesures de mobiliers réutilisables dans des expositions précédentes. Les listes d’éléments à récupérer et plans d’exécution ont été communiqués par le musée.

Renoncement

La commissaire a renoncé à certaines œuvres dont le transport avait un impact trop important. De même la liste d'œuvres a été adaptée en fonction des dimensions des vitrines réutilisées.

1. Sélection des matériaux ayant le moins d’impact

Matériaux issus du réemploi ou de la réutilisation

Les mobiliers et vitrines en stock au musée ont été réemployés au maximum. La scénographie compte 50% de mobiliers (hors cimaises) issus de réemploi. 80% des mobiliers neufs sont voués à être réutilisés. Le responsable RSE du service des expositions tient un inventaire à jour et comptabilise le réemploi en m2 sur chaque exposition.

Matériaux issus de ressources renouvelables

Utilisation de bois issu de forêts gérées durablement d'origine française (Certifications FSC / PEFC )

Matériaux fabriqués localement

Panneaux de Corrèze produits à 100km de l’entreprise d’agencement.

2. Réduction de la quantité de matière

Réduction du poids et/ou du volume de matière

L'exposition compte près d'une centaine de tableau ce qui demande un linéaire important d'accrochage. Les mur existants de la salle d'exposition ont été utilisés au maximum. Des cimaises ont permis de compléter le linéaire de façon optimisée.

3. Optimisation des techniques de production

Démontable

Les majorité des cimaises de l'exposition composées d'échelles et parements sont conçues pour être démontables et réutilisables.

Modulaire

Les cimaises réutilisables ont des dimensions standardisées permettant de faire différentes scénographies. Une hauteur unique a été définie de manière à pouvoir s'implanter dans tous les espaces de la salle d'exposition (à hauteurs variables)

Séparabilité des matériaux

La scénographie est conçue afin que tous les matériaux puissent être séparés facilement, sans endommager la qualité de la matière et permettre son tri ou son réemploi. L'assemblage des cimaises se fait par vis selon un calepinage régulier. La détection des vis au démontage se fait par aimant.

Facilité de stockage

Les échelles et parements des cimaises se stockent facilement s'ils ne sont pas réemployés. Le musée dispose d'un espace de stockage pour les mobiliers.

Réduction des chutes de production

L'entreprise de construction réalise toutes les découpes avec une scie à plat programmée informatiquement qui optimise les découpes et réduit les chutes.

Energie renouvelable

L'entreprise de construction utilise une pompe à chaleur, une citerne de récupération d'eau de pluie et de traitement des eaux usées.

Technique utilisée

4. Optimisation de la logistique

Transport optimisé

Le chargement des camions est optimisé pour limiter le nombre de transport. L'entreprise de transport est située à 500m de l'atelier de construction, ce qui permet de minimiser l'impact carbone du transport. Le musée disposant d'un atelier de menuiserie en interne, un meuble a été fabriqué sur place, permettant de réduite l'impacte transport. Ce service est en court de développement, renforcement au sein du musée.

Emballage léger

Conditionnement des éléments sur palettes constituées de panneaux utilisés pour le montage.

Emballage séparable et triable

Emballages recyclables à 100%

5. Réduction de l’impact environnemental de la phase d’utilisation

Projet à très faible consommation énergétique

La salle d'exposition est équipée d'un parc d'éclairage 100% LED ce qui induit pas ou peu de consommables (lampes), une économie d'énergie et peu de maintenance.

Soin et réparation facilités

La finition de la scénographie en peinture mate a facilité les retouches peinture pendant la durée de l'exposition.

Tri dans les espaces publics

Les équipes et les publics ont accès facilement à des poubelles de tri que ce soit dans les espaces publics du musée, dans les bureaux ou dans le sous-sol au niveau logistique (bennes dédiées).

6. Optimisation de la durée de vie du projet

Réemploi ou réutilisation anticipés

Nous avons anticipé le réemploi de plus de 80% de l'ensemble des matériaux et éléments de la scénographie.

Réutilisation ou réemploi internes sur plusieurs projets

Les cimaises réutilisables ont depuis 2023 servi à deux expositions temporaires : Pastel et Janmot. Les nouveaux mobiliers ont intégré le stock du musée et peuvent servir à de futures expositions.

Bilan

Bilan d'évaluation du projet

Des solutions de réduction d'impact environnemental ont été trouvées à différentes phases du projet :
- diminution au maximum de la matière
- cimaises réutilisables
- réemploi au maximum de mobiliers en stock au musée
- réemploi au maximum en fin d'exposition
- fabrication de certains mobiliers en interne
L'expérience de l'exposition Rosa Bonheur a incité le musée à aller plus loin dans le développement de cimaises réutilisables encore plus pérennes à utiliser sur l'ensemble de ses salles d'exposition.
Difficultés rencontrées :
- une solution d'éco conception n'a pu aboutir en raison d'un frein économique, l'usage de peinture biossourcée qui représentait une plus value de 20% de l'enveloppe peinture.
- le temps dédié à la démarche d'éco-conception n'avait pas forcément été évalué lors du concours de maitrise d'oeuvre. La valorisation de cette démarche est un point d'amélioration à prendre en compte pour les prochains projets.
- même si les panneaux de bois sont labellisés et leur impact carbone maitrisé, cela reste du médium. L'utilisation d'une alternative au médium comme matériau principal dans la fabrication des scénographies d'exposition est au coeur de nos réflexions.
- les difficultés d'accès au musée ont nécessité des livraisons en plusieurs camions au lieu d'une livraison en semi remorque.

Réemploi à l'approvisionnement

40%

Réemploi à la fin du projet

90%