Andrea Anoni

Presence of the Past

Le mot du comité écothèque

La scénographie de "Presence of the Past" repose essentiellement sur le surcyclage de pierres anciennes louées à un entrepôt d'antiquités architecturales. Le studio Marie Douel a exploité cette ressource pour en faire l'élément physique et dramaturgique central de sa scénographie. La cohérence entre le projet d'exposition, l'idée scénographique et sa production-réalisation repose sur un cadre de dialogue mis en place entre l’équipe technique du musée, l'équipe de conservation et l’équipe de curation.

Publié par Marie Douel, Quentin Rioual, Jeanne Scribe, Annabel Vergne le 08/01/2026, mis à jour le 16/04/2026


Type de projet

Domaine artistique

Arts visuels

Régions

Belgique

Description du projet

L'exposition Presence of the Past est la première exposition photographique produite par la Maison de l'Histoire européenne à Bruxelles.

Elle montre comment les Européens interagissent avec le passé dans leur vie quotidienne. Elle questionne ainsi notre rapport à l’histoire, non comme un récit figé mais comme un espace vivant et en perpétuel mouvement.

Le studio Marie Douel s’est inspiré de ces sujets pour concevoir une scénographie “avec le passé”. Les scénographes du studio ont conçu un projet introduisant des pierres anciennes, pour la plupart ayant survécu à la Seconde guerre mondiale, louées auprès de Architecturaal Antiek Delaere, un entrepôt d'antiquités en Belgique. Colonnes, cheminées, marbre brisé... Chaque pièce porte le poids d'une histoire et devient un élément permettant d'exposer les 110 photographies soigneusement sélectionnées par les curatrices Simina Bădică et Stéphanie Gonçalves.

Après l'exposition, les pierres retourneront à l'entrepôt, prêtes à servir de nouvelles histoires. Cette scénographie circulaire vise à raconter une histoire européenne en constante transformation, qui se forme et se reforme au fil des siècles.  

Photos

  • © Andrea Anoni

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Acteur·rice du projet

Sont mis en avant les membres du Lab qui ont participé à la rédaction de cette fiche, mais l’équipe projet est plus vaste.

Éco-responsabilité du projet

0 Concevoir ensemble
1 Sélection des matériaux ayant le moins d’impact
2 Réduction de la quantité de matière
3 Optimisation des techniques de production
4 Optimisation de la logistique
5 Réduction de l’impact environnemental de la phase d’utilisation
6 Optimisation de la durée de vie du projet
7 Optimisation de la fin de vie du projet

© studio dazd – Augures Lab Scénogrrrraphie, d'après la roue de Brezet & Van Hemel

0

Concevoir ensemble

1

Sélection des matériaux ayant le moins d’impact

2

Réduction de la quantité de matière

3

Optimisation des techniques de production

4

Optimisation de la logistique

5

Réduction de l’impact environnemental de la phase d’utilisation

6

Optimisation de la durée de vie du projet

7

Optimisation de la fin de vie du projet

Qu’est-ce qu’une démarche d’écoconception ?

L’écoconception répond à un cadre strictement défini par une norme et dont l’objectif est “d’obtenir un produit ou un service qui répond à un besoin fonctionnel et dont l’impact environnemental a été réduit de façon significative” (Pôle Écoconception). S’inscrire dans une démarche d’écoconception est une manière de tendre vers cet objectif dans un cadre autonome, plus adaptable et accessible. Tous les projets référencés ne sont pas considérés comme “écoconçus” au sens de la norme, mais comme “inspirants” au sens de l’intérêt de la démarche pour réduire ses impacts à différentes étapes du cycle de vie.

Pourquoi la roue de l’écoconception ?

La roue de Brezet & Van Hemel est un outil stratégique couramment utilisé pour construire et analyser une démarche d’écoconception : il s’agit de donner un cadre de pensée autour des impacts en amont, pendant l’usage et en aval d’un projet. Plus précisément : le cercle intérieur définit le cycle de vie du projet ; le cercle extérieur définit les stratégies d’écoconception à chacune de ces étapes du cycle de vie. Pour un axe stratégique, plusieurs actions peuvent être mises en place. Les projets référencés vous en présentent quelques-unes, pour inspiration et partage d’expérience.


Vous trouverez ci-dessous l’évaluation de ce projet selon l’approche Brezet & Van Hemel, regroupant les différents critères pris en compte et leur explication pour chaque axe de l’approche.

0. Concevoir ensemble

Sensibilisation des parties prenantes

L’idée de réutiliser des pierres existantes a été proposée par les scénographes. L’équipe technique du musée, l'équipe de conservation et l’équipe de curation ont soutenu le projet, en s'impliquant dans toutes les étapes de développement pour le transport, le nettoyage, les contraintes structurelles et la restitution des pierres. L'entreprise Architecturaal Antiek Delaere a fait partie intégrante du projet dès le départ. Cette entreprise familiale créée en 1965 est spécialisée dans la revente et la location d’antiquités architecturales issues du démantèlement soigneux de nombreux châteaux et belles demeures.

Low tech

Les systèmes interactifs présents dans l'exposition ont tous été réalisés de manière low tech, avec des éléments à manipuler manuellement sans électricité.

Temps adapté à l'écoconception

Le temps du projet a été adapté pour inclure toutes les étapes nécessaires à l’écoconception, notamment l'inventaire de toutes les pierres existantes chez le prêteur, l'analyse des stocks du musée, le nettoyage et la restitution des pierres, permettant leur réutilisation dans le projet.

Conscience des impacts

Pour des question de sécurité du bâtiment, une option proposée a été de fabriquer de fausses pierres pour l'exposition, comme un décor. Toutes les parties ont décidé de faire des compromis pour permettre l'utilisation de vraies pierres. Les compromis ont été majoritairement faits sur la taille et le poids des pierres qui pouvaient rentrer dans le musée. Initialement dans le projet, il y avait de grosses colonnes en marbre prévues pour constituer des supports de parois. Au vu de poids trop important de celles-ci, elles ont été transformées pour que chaque pierre ne dépasse pas 300KG/m2. Du côté conservation, les conservatrices ont accepté de faire rentrer des pierres dans le musée et ont donc demandé un nettoyage en profondeur pour enlever toute éventualité de contamination à l’intérieur du musée.

1. Sélection des matériaux ayant le moins d’impact

Matériaux/matériel issus du réemploi ou de la réutilisation

Les pierres, principales composantes de la scénographie, sont issues du réemploi. Elles servent de supports scénographiques pour les photographies, pour les éléments interactifs et pour les assises.

Matériaux fabriqués localement / Matériel sourcés localement

Les pierres proviennent d’un entrepôt belge situé à 150 km de la Maison de l'Histoire européenne.

3. Optimisation des techniques de production

Démontable

Toutes les pierres volumineuses ont des accroches mécaniques afin de pouvoir les démonter et les restituer au prêteur.

Séparabilité des matériaux

Les pierres, cimaises et le matériel technique ont été assemblés de manière à pouvoir être séparés facilement après l’exposition, sans altérer la qualité des matériaux, afin de permettre leur réemploi ou leur retour au stock.

Production locale

Les pierres ont été fournies localement par l'entreprise belge Architecturaal Antiek Delaere. Les petites constructions et les vitrines louées provenaient d'un fournisseur belge situé à 50 km nommée Meyvaert. C’est une société localisée à Gand est spécialisée dans les vitrines, disponibles à la location. Elle a également contribué au projet pour l'aménagement. Meyvaert a ainsi réalisé des petits éléments comme les bancs présents dans l’exposition.

Réduction du nombre d'étapes de production

Le projet privilégie le réemploi d’éléments existants (cimaises et pierres), limitant les étapes de production à de simples adaptations et montages.

6. Optimisation de la durée de vie du projet

Réemploi ou réutilisation anticipés

Les pierres ont été louées avec l’objectif explicite d’être restituées au fournisseur à l’issue de l’exposition. Les cimaises, issues du stock du musée, ont été conçues pour être réintégrées dans le stock après l’exposition, anticipant ainsi le réemploi de la majorité des éléments de scénographie.

Réutilisation ou réemploi internes sur plusieurs projets

Les cimaises ainsi que le matériel technique (éclairage, projecteurs), issus du stock du musée, ont été réintégrées après l’exposition afin de permettre leur réutilisation sur de futurs projets.

7. Optimisation de la fin de vie du projet

Désassemblé et trié en 5 flux

Les cartels, réalisés en carton, ont été recyclés à la fin de l’exposition.

Bilan

Bilan d'évaluation du projet

Les éléments de la scénographie sont constitués de pierres anciennes provenant d’un entrepôt belge, louées à un prix symbolique à l'occasion de l'exposition et restituées à l’issue de l’exposition. La majorité des éléments de la scénographie provenait du stock du musée (cimaises, vitrines, assises, éclairage et projecteurs) et a été réintégrée au stock après l’exposition. Les cimaises ont été légèrement adaptées par un traitement de surface afin de répondre aux besoins de l’exposition. Seuls l'assise supérieure des bancs et les cartels imprimés ont été spécifiquement produits pour l’exposition.

Réemploi à l'approvisionnement

90%

Réemploi à la fin du projet

90%